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Profession 18 septembre 2026 · 5 min de lecture

L'ergothérapie évite deux consultations de médecin sur trois

C'est le résultat d'un projet mené dans le nord du Pays de Galles, où des ergothérapeutes ont tenu une permanence hebdomadaire en cabinet de médecine générale. Le Royal College of Occupational Therapists a présenté ces résultats au Parlement britannique pour demander des postes, et il en a obtenu. Aucune évaluation comparable n'existe en France, où le gouvernement annonce 5 000 « maisons France Santé » d'ici 2027.

Le palais de Westminster vu depuis la Tamise, siège du Parlement britannique.

L'essentiel

  • Une solution que la personne peut mettre en place elle-même, chez elle, a été proposée dans 76 % des situations vues par l'ergothérapeute, contre 5 % de celles vues par le médecin.
  • Le dispositif tient en une journée de consultation par semaine, sans matériel ni budget dédiés, et un relevé de quatre colonnes : une seule maison de santé suffit à le mettre en place.
  • Le nombre de patients reste petit et l'économie annoncée est une estimation : les résultats sont encourageants, mais ils restent à confirmer.

Cinq mois, une permanence hebdomadaire, 386 patients

Le projet s'appelle I CAN Primary Care. Des ergothérapeutes ont été rattachés à des cabinets de médecine générale du nord du Pays de Galles : une journée de consultation par semaine, dans les murs du cabinet, au milieu des autres rendez-vous. Aucun équipement à installer, aucun local à aménager, aucun budget créé pour l'occasion. En cinq mois, 386 patients y ont été reçus. Le Royal College of Occupational Therapists (RCOT) en a tiré une preuve écrite, référencée PCC0027, versée à une audition parlementaire sur les soins primaires.

L'écart le plus net que relève le document porte sur ce qui a été proposé à ces patients : des solutions d'autogestion. C'est-à-dire des changements que la personne met en place elle-même, chez elle, sans ordonnance ni rendez-vous suivant — une salle de bain réorganisée pour se laver seul, des tâches ménagères réparties autrement sur la semaine quand la fatigue oblige à compter son énergie, une activité abandonnée reprise sous une forme tenable.

Une solution d'autogestion a-t-elle été proposée ?

Une solution que la personne applique elle-même, sans ordonnance ni nouveau rendez-vous · en % des situations vues · pilote de 5 mois, 386 patients · RCOT, preuve écrite PCC0027

Vu par l'ergothérapeute
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Vu par le médecin généraliste
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0255075100 %
Soit quinze fois plus souvent. Les deux métiers ne cherchent pas la même chose pendant la consultation.

Là où le médecin diagnostique, prescrit et adresse, l'ergothérapeute part de la journée de la personne : ce qu'elle n'arrive plus à faire, à quel moment, et ce qui le lui rendrait possible. Cela se voit au domicile ou dans le récit d'une semaine ordinaire, plus difficilement en dix minutes de consultation. Et cela pèse sur la suite : une solution que la personne applique elle-même ne demande ni ordonnance à renouveler, ni rendez-vous de contrôle.

Salle d'attente d'un cabinet de médecine générale : rangées de sièges vides devant un comptoir d'accueil.
Le cabinet de médecine générale est le point d'entrée du système de soins : c'est là que le pilote gallois a placé l'ergothérapeute.

Ce que la permanence a permis d'éviter

Le RCOT a compté deux types de recours évités : la consultation médicale que le patient aurait sollicitée, et l'orientation vers l'équipe de santé mentale communautaire.

Sur 100 situations vues par l'ergothérapeute

1 carré = 1 situation sur 100 · pilote de 5 mois, 386 patients · RCOT, preuve écrite PCC0027

0

consultations médicales évitées

0

orientations vers l'équipe de santé mentale communautaire évitées

Les deux séries se lisent séparément : une même situation peut relever des deux.

Le collège avance également une économie moyenne de 327,59 £ par patient reçu. C'est une estimation, calculée sur 386 personnes suivies cinq mois, sans groupe témoin ni vérification comptable ensuite. À prendre comme un ordre de grandeur.

Une profession sans place écrite dans les maisons de santé

Le RCOT a produit ces chiffres pour appuyer une demande de postes. Il recense 200 ergothérapeutes pour environ 6 500 cabinets de médecine générale en Angleterre, et en réclame 1 400 de plus. La demande a été suivie d'effet : la rééducation et le reablement — le réapprentissage des gestes du quotidien, à domicile, après une hospitalisation ou une perte d'autonomie — conduits par les thérapeutes figurent désormais dans les orientations de la santé de proximité du NHS.

En France, l'objectif annoncé le 13 septembre 2025 par le Premier ministre ne s'accompagne d'aucune donnée de ce type.

Des maisons de santé qui doivent doubler en quatre ans

En nombre de structures · France · ministère de la Santé (2023), annonce gouvernementale du 13 septembre 2025

Maisons de santé recensées fin 2023
0
Objectif « maisons France Santé » 2027
0
01 2502 5003 7505 000
Le contour en pointillés marque l'objectif annoncé, pas un chiffre constaté. Aucune évaluation publique ne mesure l'apport d'un ergothérapeute dans ces structures.

Le cadre d'exercice, lui, reste incomplet. Les actes d'ergothérapie en ville ne figurent sur aucune liste d'actes remboursables : la séance reste à la charge du patient, sauf aide spécifique. L'article L. 4331-1 du code de la santé publique subordonne toujours l'exercice à une prescription médicale, alors qu'une enquête de l'ANFE établissait en 2023 que 35 % des professionnels seulement en disposent systématiquement. Le Sénat avait adopté le 17 novembre 2025 un amendement gouvernemental ouvrant l'exercice « dans le cadre d'un adressage » : sans ordonnance, sur la seule orientation d'un autre professionnel de l'équipe. Neuf mois plus tard, le code n'a pas été modifié.

Un homme âgé s'avance avec un déambulateur vers l'entrée de la maison de santé de Saint-Brevin-les-Pins.
La maison de santé de Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique. Le pays en comptait 2 501 fin 2023 et vise 5 000 en 2027 ; aucun texte ne prévoit la place d'un ergothérapeute dans ces structures.

La démarche galloise repose sur quelques éléments simples : une maison de santé, une permanence hebdomadaire, cinq mois, et un relevé de quatre colonnes — le motif du recours, la solution proposée, le recours qui aurait eu lieu sans elle, ce qu'il aurait coûté. Aucune équipe française n'a publié ce type de relevé à ce jour.

Sources

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